lundi 28 avril 2025

VENEZ MES AMIS

 

 

Venez mes amis

Occupons nous

À ne rien faire

Laissons fuser

Les bons mots

Tous les plaisirs sont permis

Que notre vie soit légère

Vivons, soyons heureux

Un jour il faudra se courber

Sous le poids du temps qui passe

Jouissons encore de notre jeunesse

Dérobons à cette vieillesse

Tout ce que l’on peut

Lui dérober

VIENS

 

 

Viens, la nuit est obscure

Le ciel est sans nuage

D’un éternel adieu

Saluons le rivage

Où seuls mes pas

Sont retenus

Je perçois à l’horizon

Une étoile

Viens, une divinité

Dirigera nos pas incertains

Sur des flots d’huile aplanis

Seule une brise souffle à peine

Viens, l’amour du large

Conduira nos pas

FIN DU JOUR

 

Le soir va descendre

Nous jeter dans l’ombre

Il n’y pas de temps à perdre

Entre les lignes

Les hirondelles zèbrent le ciel

De leurs ailes comme une faucille

La nuit envahi les pentes

Les lampes s’allument

Vacillent par instant

Une page se tourne

C’est la fin de la journée

ÉCOUTER AVEC ATTENTION

 

 Le visage enfoui

Dans mes deux mains

Je vis derrière mes paupières

 

Vive ainsi, il faut écouter

Je m’applique donc à écouter

 

C’est à peine si je distingue

Les mots

Le son qu’ils font

Lorsqu’avec attention

Je les écoute

 

ORPHELIN

 

Orphelin

Sans parents

Sans amis

Oublié sur la terre

Loin des siens

Le nom du pays

Vient souvent à votre bouche

Peu m’encourageaient

À part des amis sages

Qui reconnaissent mon visage

Et ma tristesse d’usage

Qui me dit en réconfort

Qu’as-tu donc mon ami ?

En me tenant la main

Et la pressant si fort

Affectueusement

 

LES CERISIERS

 

 Comme il est beau le verger

Quand vient le printemps

Le temps de la floraison

Annonçant la belle saison

Les cerisiers se parent de blanc

Leur ami le soleil les fait fleurir

La sève qui monte les fait s’épanouir

Ils ont été en attente

Durant l’hiver pour une détente

Le printemps, sa brise les grise

La pluie va leur aider

Les fruits vont se former

La nature n’est qu’espérance

D’une récolte en abondance

LE POMMIER

 

 

Dans un pré se dresse

Un vieux pommier

La brise taquine ses branches

C’est mon ami de toujours

Il est là depuis si longtemps

Au souffle du vent, il revit

Quand le jour se lève

Dans la douceur du soir

Le printemps, l’été

L’automne et l’hiver

Au printemps, il est encore beau

Il attire abeilles et oiseaux

Aujourd’hui il est vieux

La sève a du mal avec lui

Il dresse son corps

En partie décharné

Un jour il faudra mourir

Seul, abandonné

L’AUTOMNE

 

 C’est l’automne

Triste, monotone

Le vent défeuille

Les arbres de leurs parures

Qui ne sont plus que squelettes

Les feuilles jonchent la terre

Elle perd tous ses mystères

Les oiseaux en restent sans voix

La nature est en deuil

Chaque feuille qui tombe

Est un paysage de tristesse

Sa jeunesse a flétri

Avant l’herbe de la prairie

LE JARDIN

 

 C’est un beau jardin

Avec un jardinier malin

Il sait travailler la terre fertile

Les fleurs semblent lui ouvrir leur cœur

Le jardinier parti, le jardin est triste

Un peu plus en friche

Les buissons l’envahissent

Les rosiers sont tristes

Les roses sont en pleurs

Belles princesses

Au fond de leurs pétales

Elles écoulent leurs larmes

Le beau jardin va-t-il mourir ?

Trouvons une relève

Avant que le jardin s’achève

Et disparaisse

Dans une grande détresse

LES FUNAMBULES

 

  

Les funambules du dire

Vont dans leurs délires

Boudés des intellectuels

Ils n’ont pas le poids

De leurs ailes

Ils sont guetteurs

C’est leur métier

Ils quémandent sans arrêt

Une image colorée et belle

Dans une aube

Follement rebelle

LE RIMAILLEUR

 

 

Le rimailleur

Créé des vers

Seul le cœur

Est un poète

Avec son amour fidèle

À sa pensée

Il s’échappe avec elle

C’est son cœur par sa main

Qui écrit ces mots divins

Il ne fait qu’obéir

Et que prêter sa main

LA FLEUR DÉLAISSÉE

 

 Je me souviens d’une fleur

Vivant un peu cachée

D’une couleur incertaine

Que le vent souvent malmène

Ou la piétine même

Sans attention on la dédaigne

Alors que de belles fleurs

Aux couleurs pleines de bonheur

Elles sont aimées de tous pour leur beauté

Leur parfum, leur tenue soignée

La petite fleur cachée

De tous oubliée

Fait sa vie

Discrète au milieu des herbes folles

Bien dissimulée de tous, abandonnée

VOLEUR D’ARC-EN-CIEL

 

 

Il fait déjà noir

Voleur d’arc-en-ciel

Il y a plus de pour

Il a plus de nuit

Dors en attendant celles

Qui disaient toujours

Ou bien jamais

Ce sont des pas légers

L’amour a des ailes

Il fait déjà noir

Voleur d’arc-en-ciel

Entends-tu leur voix

 Les voilà les demoiselles

Il fait déjà noir

Voleur d’arc-en-ciel

 

 

LE DÉNICHEUR

 

 

Toi le dénicheur de cigales

La cigale pour toi aussi chantera

Mais elle s’échappera

Joyeuse avec ses cymbales

Dans la rosée du matin

Où le muguet ouvre ses clochettes

C’est bredouille que tu repartiras

Il y aura toujours les cigales

Sous le soleil matinal

Et leurs joyeuses cymbales

Pour te narguer, vandale

Toi le dénicheur de cigales

DÉCOUVERTE

 

  

Je ne suis qu’un enfant

Qui regrette de ne pas avoir voyagé

Qui n’a pas perdu la nostalgie

Des chemins qui s’en vont

Au-delà de l’horizon

La où meurt la nuit et où nait le jour

Regardes de loin le pays défendu

Se dérouler sous l’immensité du bleu

Qui abrite villes et banlieues

J’aime partir marcher

Voir le soleil se coucher

Gagner les champs pierreux

Et avoir le vent dans les cheveux

Et puis écouter plein d’émoi

Le vent froissant les feuilles près de moi

L’aboiement d’un chien, le cri d’un enfant

Ou le sanglot d’un instrument s’époumonant

Le tintement du forgeron sur son enclume

Voir la nuit quand les étoiles s’allument

INFIDÈLE

 


 

Depuis quelques jours

La belle est au jardin d’amour

On la cherche à grands cris

Mais elle se joue du bruit

 

Son ami est en peine

Fait partout demander

N’as-tu pas vu passer la beauté même

Elle n’a pu que s’égarer tout de même

 

Et au berger de s’adresser

N’as-tu pas vu ma princesse

Douce comme des caresses

Mais le berger n’a pas répondu

 

Elle est là-bas au fond du vallon

Cachant au mieux son nom

Le berger pas si innocent

Sait bien où est cachée la belle

 

Il est son amant

 

LES VIEILLES DE NOS VILLAGES

 

 

Les vieilles de nos villages

Malgré leur âge

Ne sont pas tristes

Elles nous montrent qu’elles existent

 

Elles s’avancent plu lentement

Sous le poids des ans

S’arrêtent par moment

Et repartent doucement

 

Elles se réunissent régulièrement

Dans une salle de leur village

Pour parler du bon vieux temps

Des choses de leur âge

 

Elles médisent un peu

Sans méchanceté si peu

Il faut bien parler

Pour essayer de s’occuper

 

Elles se font des confidences

Parlent souvent de leur enfance

Et aussi des derniers :potins

Qu’elles ont appris ce matin

 

Les vieilles de nos villages

Malgré leur âge

Ne sont pas tristes

Elles nous montrent qu’elles existent

 

 

lundi 14 avril 2025

TOUT SAVOIR

 

 Je suis celui qui veut

Tout savoir, c’est clair

Dans mes souvenirs

Celui qui se colle

À ceux qu’il aime

 

L’amour fait de moi

Ce que bon lui semble

Le grandit ou le réduit

 

J’embrasse souvent

L’inconnu

Que j’appelle au secours

Alors je crois sentir la joue

De mon père

LES MOTS DU PÈRE

 

 Il m’arrive de parler

À la légère

Mais avec des mots de mon père

Ces mots qu’il m’a laissés

Et dont j’aime à me parer

 

Je me demande ce que je ferais

Sans ces mots laissés

Où que j’aille ils m’accompagnent

 

Je crois qu’ils sont dans le vrai

Même si quelquefois je pense

Que je n’y arriverai jamais

Pour m’être trop souvent

Inspiré d’eux

Et les avoir pas toujours utilisés

À bon escient

LE NOIR NOUS ENVAHI

 

 Il y a du noir partout

Je dois aller jusqu’au bout

Dommage que nous ne puissions

Communiquer

 

De toutes façons la parole

Ne passe pas

Face au noir qui nous entoure

 

Ce noir qui noie tout

Mais j’irai jusqu’au bout

Pour pouvoir crier victoire

Je trouverai bien quelqu’un

 

Pour me soutenir, m’épauler

Quand le rideau s’ouvrira

J’AI RÊVÉ

 

 Dans ma nuit

J’ai rêvé

Devant ce rideau

Ouvert au dernier moment

Sur le jardin illuminé

Par ce soleil d’été

 

La lumière donnait

Une belle couleur

Qui me délivrait de l’abandon

Dans lequel ce noir

M’avait plongé

Sans rien ménager

DE NOS VOYAGES

 

 

De toutes ces escapades

Que m’est-il resté

Deux ou trois souvenirs

Plus appuyés

Des aubes

Des crépuscules

Un bel été

Quelques visages

Aux rides marquées

De tous ces voyages

Dans mes maigres bagages

Un jeu de liberté

Pour tout équipage

Des rêves à conserver

Des photos, des pensées

Du bastingage

Des conversations

Émaillées de rires

Et de gaité

PARS AVEC COURAGE

 

 Pars avec courage

Laisse derrière toi

La ville

Ne ternis plus

Tes pieds aux poudres des chemins

Regarde de haut

Les cités serviles

Comme des rocs fatals

De l’esclavage humain

Les grands bois

Les vastes clairières

Les beaux champs

Sont de merveilleux asiles

Tu es libre comme la mer

Autour de belles îles

Et marche à travers champs

Une fleur à la main

CRÉPUSCULE DE LA NATURE

 

 

La nature t’attend

Dans un silence austère

L’herbe élève à tes pieds

Son nuage de verdure

C’est le soupir d’adieu

Du soleil à la terre

La forêt s’est voilée

De colonnes profondes

La montagne se cache

Sur ses pales ondes

Le crépuscule s’endort

Dans la vallée

Sur l’herbe émeraude

Et sur l’or du gazon

Sous le bois rêveurs

Qui tremblent à l’horizon

Le soir jette son manteau gris

Sur le rivage

Les fleurs nocturnes

Entrouvrent leurs prisons

ÉTOILE FIDÈLE

 

 Si ton cœur

Gémit

Sous le poids

D’une dure vie

Se traine, se débat

Comme un oiseau blessé

S’il ne voit plus l’amour

Son étoile fidèle

Éclairer pour lui

L’horizon qui s’efface

Si ton âme enchainée

Est lasse de son boulet

Si ton corps frémissant

De passions secrètes

Ailleurs vos regards

Ailleurs vos larme

Aimez ce que jamais

On ne voit deux fois

FAUTE D’AVOIR TOUT DIT

 

 Avant de casser ma pipe

Je veux pouvoir encore rêver

À ce temps qui m’a pris en grippe

Et qui veut me prendre
ma liberté

Moi je veux pouvoir m’en aller

Les deux pieds

Dans la voie lactée

La tête dans l’aurore

Du jour

Me saouler de grands espaces

L’horizon se hâte et m’invite

J’ai dans ma guitare

Un vieil air de mes ancêtres

Je chanterai à mon aise

Je veux user mes souliers

Sur des chemins piétonniers

Sur lesquels s’est bâti mon pays

Entre hier et aujourd’hui

À cheval sur mon âme fugitive

FAUTE D’AVOIR TOUT DIT

 

 

Faute d’avoir tout dit

Je creuserai la terre

Pour émailler mes propos

D’espérance

Dans le sac des mots

En vrac

 

Faute d’avoir tout dit

Je voguerai à l’aube

Vers un autre horizon

Sorti du fond de ma mémoire

Sorti d’un vieux tiroir

Où l’on range les dires

 

Faute d’avoir tout dit

Je mettrai les voiles

Entre faim et envie

De toucher les étoiles

Refaire la vie

Piéger la nuit

Jusqu’à plus d’âge

 

GUIRLANDES POSITIVES

  

Toi qui souris

À la pâleur de mon visage

À mes yeux qui pleurent

À mon corps usé de pluie, de vent

À mes mains bleuies de froid

Toi qui prends en compte

Ma détresse profonde

Mes plaies, mes craintes, mes cruautés

Pourquoi éclaires-tu ma nuit

D’un sourire

D’un rire d’enfant

De ta poésie

Qui égaie ma vie

Pourquoi changes-tu en couleurs

Mon noir et blanc

Mes instants précaires

En instants vivants

Est-ce de l’amour tout simplement ?

OFFRANDE

 

 

J’offre mes mains

Aux cheveux ébouriffés

Aux plaintes misérables

Aux espaces inexplorés

À l’églantine pure merveille

Que l’on nomme buisson

Que l’on cueille avec précaution

J’offre mes yeux

Aux malvoyants

Aux vieillards hésitants

Aux mendiants errants

J’offre mes instants

À celui qui attends

Un sourire engageant

À celui qui meurt d’ennui

À l’enfant puni

Aux sans-logis éconduits

J’offre un simple bonjour

Pour éclairer le jour

LA COLÈRE

  

Dans la fureur

D’un beau matin

Elle prit une provision de mots

Et marcha sur le chemin

D’un exil certain

Partie pour se battre

Elle revint déçue

Douloureuse, muette

Chercha un motif

À tous ces refus

De soleil naissant

Mais la nuit arrivait

Alors elle s’endormit

Espérant un plus beau matin

SECOURUE

 

 Je l’ai aperçue

Muette ardente

M’extraire de mes jours errants

Qui me servaient

De reposoir

Tu es venue

Me protéger

De ces vents violents

Qui me bousculaient

De leurs sinistres vilénies

Tu es venue

Éteindre la lumière

Qui gênait ma nuit

La perturbait

Alors je vais à présent

Pour une fois

Rêver dans un silence

Veuf de doute et défaillance

 

INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...