Une lumière luit
L’eau se ride
Un jeu dans le verre
Posé
L’horizon est brassé
Par le vent
Une feuille l’ombre
Attendent là
On pourrait croire
Que quelque chose
Se prépare
Mais mon seul jour
Est suspendu
Et la vérité dans l’absence
Un ardéchois au cœur fidèle qui témoigne de la beauté des choses, de la vie et du temps qui passe
Une lumière luit
L’eau se ride
Un jeu dans le verre
Posé
L’horizon est brassé
Par le vent
Une feuille l’ombre
Attendent là
On pourrait croire
Que quelque chose
Se prépare
Mais mon seul jour
Est suspendu
Et la vérité dans l’absence
Que veut-il ?
Dire encore
La nuit est si lourde
Le corps cherche
Une place
Un jeu de jour
Un rire perdu
Il ne sait
Plus de qui
Sur les vitres
Ne cesse
De tomber la pluie
À côté on perçoit
Un bruit indéfini
Un souffle intermittent
Un instant de vie
J’ai toujours aimé
La douceur de tes mots
Et celle de tes gestes
Bienveillants
Qui m’ont fait penser
souvent
Au chagrin que tu as eu
A la perte de ton premier
enfant
Tu as du vivre dans la
peur
Le doute, le tourment
Je n’ai peut-être
Pas toujours compris
tes craintes
La vie est un long
voyage
Fait de bonheur et de
naufrages
Tu as eu ta part
d’ombrages, de drames
Sur cette route
Semée d’embuches de
doute
De tristesse de déroute
Sur cette longue route
jonchée d’épines
On croit que c’est
facile
De ne rien faire
Mais c’est très
difficile
Difficile come tout
Il faut tuer le temps
C’est tout un travail
Pour passer le temps
C’est un travail de
titan
Du matin au soir
Du soir au matin
Je ne faisais rien
J’en avais les moyens
Quelle triste histoire
J’aurais pu tout avoir
Ce que j’aurais voulu
Si je l’avais voulu
Je l’aurais eu
Mais je n’avais envie
de rien
de rien
Il en a du mérite
Le petit cireur de rue
Le grand homme blanc
Abandonne son soulier
sur le banc
Contre une misérable
pièce de monnaie
Sans regarder le soleil
miroiter
Sur ses pieds
Il se perd dans la
foule
Emportant la lumière
Que l’enfant a
emprisonné
Sur ses souliers
En véritable homme de
métier
Avec sa vieille brosse
usagée
Et un vieux chiffon effiloché
Un grand sourire
Tout ce qui brille dans
le quartier
Est le travail du
cireur
Il fait tout briller
Avec sa brosse et son
chiffon
Et son grand sourire
Et en plus une chanson
La chanson du cireur
Qui distribue le
bonheur
Les yeux ouverts
Sur la nuit mystère
Dès le crépuscule
Les sens s’éveillent
En quête de ce qui
vient
Les yeux toujours
ouverts
Quand l’air transporte
Une odeur de fleur
De rose et de lilas
La nuit rejoint
Ceux du matin
Avec un profil de déesse
Et un sentiment de
tendresse
Mon regard perçoit
Devant moi
Ce gigantesque miroir
Le sable mouillé
Par la vague
De cette mer qui va
Et qui vient
Il est midi sans ombre
La peau salée au soleil
La vague déchire le
silence
Frôle les choses, les entraine
Elle verse à mon
oreille
La musique de la mer
J’entend très peu le
jour
La nuit de loin sur la
colline
Musique des vagues qui
cassent
L’espace dans un va et
vient
D’air marin
Je crois bien qu’on a frappé
Qui est là ?
Personne, on ne répond
pas
C’était seulement mon cœur
qui bat
Qui bat très fort
À cause d’une attente
Qui se fait attendre
Dehors
Le heurtoir de bronze
Fixé sur la porte en
bois
Reste silencieux
Il ne bouge pas
Ne remue pas
Ne remue pas
Seulement le petit bout
du doigt
Il a pris son outil
Vieil outil usé
D’avoir trop servi
Tranchant, limé
Manche de frêne lissé
Par le cal des mains
Alors il est encore
parti
Encore une fois vers sa
vigne
À petits pas hésitants
Heureux de la retrouver
Après son séjour à l’hôpital
Et les semaines d’ennui
Et de désespoir insensé
Dans l’air enivrant du
renouveau
Il s’est appuyé sur un
piquet
De la vieille vigne
familière
S’est affaissé vers sa
terre
Comme pour une dernière
prière
On l’a retrouvé
La face posée sur sa terre
aimée
Le passé s’est remis
À peser
On sent s’éloigner
La lumière
On ne se fixe
Que sur l’étrange
Les distances
Qui vous séparent
Les yeux ont peine
À reconnaitre les
objets
On reste pétrifié
Fasciné
Comme face à un serpent
On a perdu la main
Peut-être même un peu
La tête
On oublie les choses
On se cherche
Sans se retrouver vraiment
On entre en amnésie
De ce qui revient
Sans vraiment revenir
Pour enfin se perdre
Un peu plus loin
Un pan de vie
Un clin d’œil
Qu’on ne voit pas
Qu’est-ce qu’on trouve
Dans ce qu’on perd ?
La nuit est sombre
La lune s’est éclipsée
Les nuages se déplacent
Se renouvellent
Chaque chose
Est un mystère
C’est la passion
Qui mène les choses
Qui fait se mouvoir
Le balancier
Les cieux et les
étoiles
Leur lumière est un feu
Endormi qui les consume
Et elles deviendront
Étoiles filantes
Que le vent
Les gestes apaisent ce
feu
La survie de la paix
En dépend
Deux corps
Qui dansent
Comme deux ailes
Qui propulsent la mouette
Au-dessus de la mer
L’oiseau se pose
Sur une borne du port
Avant de reprendre
Son vol
Ses ailes claquent
Dans le vent
Laissant en s’envolant
Une petite plume
Grise
Qui vrille et voltige
Dans le vent
Deux lumineuses
Tâches de soleil
Traversent l’espace
D’où viennent elles ?
Ce n’est qu’une image
Qui se déplace
Un instant volé
À l’ombre
Qui se profile
Quelqu’un
S’il venait
Ne verrait rien
On voit des feuilles
Des tiges misérables
Dans chaque objet
Sombre déjà
Un pauvre crépuscule
En promenant
Dans ce jardin
Je réfléchis
Je vois passer
Défiler ma vie
Il y a du soleil
Des fleurs
Des bruits d’eau
Il y a aussi ce qui
S’en va
Des cris d’enfants
Il y a ce qui
Ne se voit pas
Qui est là tout près
On lui fait un signe
Il ne se retourne pas
Ce qu’on trouve
Souvent
Ne ressemble à rien
On voit
Du jaune, du gris
Un rire, un sourire
Ou un jeu
De silence
Resté oublié
On ne sait plus
Qui on est
Dans ce qui recule
À quoi se raccrocher
Comment se reconnaître
Dans ces incertitudes
Ce sont
Les mêmes lumières
Les mêmes mouvements
Des feuillent qui
bougent
Sur un front gris-bleu
Le même ciel
Peut-être pas
Il est si changeant
Le même paysage
Qui recommence
Dans les yeux
Aux couleurs
Si différentes
Pour raconter
Les mêmes mots
Quelques cris brefs
Je revois
L’arbre
La haie
Le jardin
Avec sa clarté
Et ses coins obscurs
Ce que l’on ne sait pas
Expliquer
Mais que l’on admire
L’herbe si verte
Et le ciel comme
couronne
Jusqu’où peut aller
Le regard
Les choses, les gestes
Le jardin
Dans son immobilité
Comme pris de stupeur
C’est impossible
Et pourtant
Il faut
Continuer
Recommencer
La lumière
Toucher la vitre
Si peu de temps
Le jour n’est
Que son nom
L’oiseau chante
Dans la haie
Le printemps vient
Et puis s’en va
Ceux qu’il laisse
Derrière crient
Non reste
Ne part pas
Impossible dit-il
Qu’est-ce qui se
balance
Se jette
Se rattrape
Fouette les corps
Les visages
Qu’est-ce qui
Se trouve
Se cherche
Bouscule le jour
Bouscule la nuit
Tu y es, c’est ça
Pour qui, pour quoi
Le vent fait-il ça ?
Qu’est-ce qui
Vous éclaire
La journée
La lumière montante
La lumière descendante
ou déclinante
Les enfants qui jouent
Dans le sable
De la plage
Leurs cris
Le vent un peu
Plus frais
Qui fait vivre
Les images
Dans les courses
Dans les rires
Tout reste là
Pour toujours ou
Jusqu’à la tombée
Du jour
On aimerait
Être comme la pluie
Qui tombe
En fines gouttes
Qui coulent
Se faufilent
Glissent
Dans le moindre
Interstice, s’enfoncent
Dans l’obscur
Ou rien ne va
En attend là
Que quelque chose
Pollen, tige, paille,
Cocon, pupilles,
Se mettent à revivre
Il continue
Puis s’arrête
Comme le vent
Comme le temps
Que cherche-t ’il ?
I ne l’a jamais su
L’espace
Qui se modifie
Un jour, un silence
Habité
Aujourd’hui
Une rumeur
Vide de sens
Bien sûr
Il ne voit rien
Il sent simplement
Ses douleurs
Ses tourments
Le froid
Aux extrémités
Alors pourquoi
Continuer
Peut-être l’habitude
Un espoir dérisoire
De voir défiler le
temps
Admirer les arbres
Et leur feuillage
L’herbe encore verte
Et aussi
Ces visages qui pleurent
Il ausculte la fatigue
Qui règne au fond
De ses yeux
Entourés de cernes
mauves
En pente douce
Il s’enfonce
Dans ce naufrage
Se laisser aller
À perdre sa voix
Ne se reconnaît plus
Il n’entend
Qu’un silence lointain
Chaque
Image
Est un débris du temps
Un brouillard
Au fond des yeux
Qui se nomme désespoir
Pour le reste on ne
voit rien
Pourtant tout est là
Traverser le jour
Est un exploit
La lumière
A tant de noms
Elle devient ombre
Puis sombre
Il faut choisir
Entre attente et oublie
Saisir l’instant
Présent
Saisir ce qui vient en
face
Tourner le dos
À ce qui s’en va
Arrive ensuite la nuit
La lumière expire
Au fond d’un gouffre
Sans fond
Dans l’attente du matin
Qui redonne la vie
À demain
Je me ferai
Coup de vent
Verglas,
Buveur de continents
Et des nuages
De renaître
Pour revenir
Coller mon nez
Hier printemps
Automne, été
Aux mémoires
De vos fenêtres
Je me ferai
Coup de vent
Verglas,
Buveur de continents
Et des nuages
De renaître
Pour revenir
Coller mon nez
Hier printemps
Automne, été
Aux mémoires
De vos fenêtres
Le temps qui court
Est lumière
Voyage balise
Mystère
Errance
Et frisson de vie
Le temps qui court
C’est un sonnet
Qui rime avec
Le temps qu’il fait
Quand mon enfance
Parle du pays
Le temps qui court
A aucun nom
On le nomme
À sa convenance
Selon qu’il soit
Fanfaron
Selon qu’il soit
Fanfaron ou misère
Le temps qui court
Est accroché
À vos lèvres
À chaque instant
Il est le vent
Il est la liberté
Amour pirate
Ou prétendant
La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas Connais-tu la mesure De la tendresse ...