lundi 17 février 2025

VAGABONDER COMME AUTREFOIS

 

 Sache toujours

Qu’il n’est de jour

Où je viendrais

M’ancrer en toi

Pour prendre des nouvelles

Des derniers jours

Et vagabonder

Comme autrefois

Quand l’horizon

Était plus bas

Et l’amour plus sensible

À tous les propos

Que nous tenions

De vive voix

Pour te rejoindre

Dans un écho


TOUJOURS PLUS LOIN

 

 Le temps s’enfuit

Dans les doigts du vent

Il nous emporte

Toujours plus loin

Que l’été

Derrière le printemps

Comme nous prendre

À témoin

De cette eau qui coule

Sous les ponts

En poursuivant

Ses rêves à pas lents

Faits de voyage

Et de navigation

Dans le vol des oiseaux

Oies sauvages, ou fous de bassan

 

SOUVENANCE

 


 

Comme j’ai une douce souvenance

De beaux moments de mon enfance

De mon pays de ces beaux jours

J’y repense toujours

Notre mère qui nous câlinait

Contre ses cheveux

Je me souviens encore

Des bords de la rivière

Où nous allions jouer

Des belles clairières

Au milieu de la forêt

Où les oiseaux volaient

Sans arrêt

Le vent soufflait dans les branches

Quand je retrouverai mes plaines

Et mon grand chêne

Leur souvenir me plonge dans la peine

Mon pays, mes amours,

Pour toujours

SEUL AMOUR

 

  

Mon seul amour, ma seule joie

Puisque loin de vous je dois être

Plus rien ne peut réconforter mon être

Que les souvenirs qui me restent

Et qui allègent ma détresse

Ainsi que le temps écoulé

Puisqu’il faut aussi devoir se déparer

Le cœur plein de tristesse

Où pourrais-je aller

Pour alléger ma peine ?

Dans le creux du vieux chêne

Où l’on cachait nos peines

Qui voudrait bien m’héberger ?

LES SECRETS

 

 

Il y a quelques fois

Tant de secrets

Que la pudeur apprivoise

Comme un violon

Sans l’archet

Ce son que l’on jauge

Que l’on toise

Il y a ce que l’on devine

Derrière le miroir des dires

La nuit au jour est chagrine

De n’avoir su partir

Quand il était encore temps

LA TENDRESSE

 

 

Entre l’amour et l’amitié

Il y a la tendresse

Qui se glisse entre les lettres

Tendre et heureuse

Sur une joue d’enfant

Un peu gêné, surpris

Il y a quelques fois des instants

De malheur

Mais aussi de grandes joies

Qui se disputent avec éclat

Pour faire jaillir une lumière

Ou peut-être vaut-il mieux

Quelque fois se taire

LE LONG VOYAGE

  

La vie est un long voyage

Où les fleurs bordent le chemin

Avec quelques épines néanmoins

J’ai passé déjà une longue étape

Au banquet de la vie

Je suis à l’automne

Mais je voudrais encore quelques printemps

Voir murir quelques moissons

Je voudrais quelques aurores

Voir fleurir les fleurs du jardin

Le beau soleil du matin

Que je puisse achever quelques journées

Et même quelques années

 

JOLI MOIS DE MAI

 

 

Doux confident

De nos tendres mystères

Mai nous a redonné

Nos courses solitaires

Viens, tout est si beau au printemps

Et moi j’aime toujours, cette saison,

Les champs ont revêtu leur parure

Les oiseaux, leurs chants

Et les cigales si discrètes

Nous font un concert d’une branche secrète

Je vais, chantant dans le bocage

Courant sous les frais ombrages

Frôlant les fleurs du printemps

Et leurs belles couleurs

Et mes amours aussi belles que les fleurs

 

 

LES ENFANTS

 

Souvent les enfants

S’enflamment

Avec des cris de désespoir

Dans la chaleur de leur âme

Ou dorment

Tant de secrets

Pour cueillir une rose

Qui s’ouvre à l’imparfait

Dans le jardin des choses

Qui ne meurt jamais

Tout à fait

LA PORTE DU JARDIN

 

 

En faisant tourner

La porte du jardin

Qui grince comme un chagrin

On ouvre sur la beauté

D’une verdure oubliée

Promise aux chardons

Et aux roses

Mais qui se flétrissent

Aussi

 

Un vieux carreau de grès

Qui craque sous mes pieds

Carreau ébréché

Peut-être une fenêtre d’espoir

Où la lune dans ses quartiers

Envoie sa lumière

Pour les faire briller

Et veut chasser le désespoir

De ces nuits trop noires

LES GESTES

 

 

Gestes enclavés

Qui luttent

Avec l’ardeur

De la passion

Gestes qui déforment

Gestes qui meurtrissent

Gestes qui blessent

Les corps anonymes

Et aussi les gestes simples

Qui ne sont que douceur

Posés avec délicatesse

Gestes qui sauvent

Gestes d’amour

Qui ne demandent rien

En retour

REFUS

 

 

Elle mit de la lumière

Dans ses mains meurtries

Par un refus inconsidéré

Brûlées de soleil

Un visage triste

Sombre

Sans l’ombre d’un sourire

La laideur de cette foule

Qui l’ignore

Comme une tempête soulevée

Par un vent mauvais

Les ailes maudites de la solitude

Affolée de tout cela,

Elle s’abrite

Près de son cœur

Et attend

Des instants meilleurs

 

DE MES AILLEURS

 

 

Par le hublot

De mes ailleurs

Je guette les rives

Lointaines

Et ralentit ma course

Qui a trop de langueurs

De donner un coup de pouce

À mes pas

Dans l’eau porteuse

De cette côte

Qui reste encore lointaine

JE GARDE EN MÉMOIRE

 

 

Au fin fond

De ma solitude

Je garde en mémoire

Un peu de toi

Comme un repos

À ma fatigue

Pays de mon enfance

Et de mon chez moi

Même au plus fort

De mes silences

Je prête mon oreille

Curieuse

À tes propos

À ta patience

Dont j’ai toujours

Une soif frileuse

PREMIÈRE RENCONTRE

 

 Elle me parut si grande

Ombre immense

Mon cœur fut pris de panique

Je me suis senti infime, si petit

Comme perdu

Affolé, cherchant un refuge

Derrière mon inconscience

Je n’ai trouvé que refus

Sans secours, sans soutien,

Je ne trouvais pas de mot

Pour vaincre ma timidité

Alors désolé

Je m’enfuis

Avec la première phrase

Qui m’est venue

DÉCEPTION

 

 Elle entendait se fermer

Les dernières portes

Celle de la tendresse

De l’espoir et du bonheur

Il ne reste plus que les

Rires insolents

Les mots défendus

Les vallées de larmes

La torture des gestes

Les paroles blessantes

On a scellé son printemps

On a aveuglé ses amours

Qui ne l’ont pas vue

On a détruit son histoire

Desséché ses pleurs

Ils ne lui ont laissé que l’absence

Pour toute convenance

JEUNES VIEUX

 

 Les enfants

Ont peur de n’être

Jamais vieux

Ils ont des regrets

Langoureux

Se croyant incompris

Voudraient cueillir

Toutes les étoiles

Sonder l’infini

Dans chaque aube

matinale

BRIN DE FOLIE

 

  Ce matin là

J’étais solitaire

Sans but, sans repère

Et comme l’espace

Me manquait à l’extérieur

Je suis sorti avec l’envie

D’une rencontre

D’un cœur disponible

J’ai sorti le mien

De ma poitrine

Et j’ai redessiné

L’horizon

En quête d’un nom

LE SACRE DU PRINTEMPS

   

Les hommes courent

Haletants

Pour des œuvres sans

Importance

Mars rit dans l’averse

Il prépare son printemps

Pâquerettes et violettes

Sourient à ce printemps

Les vergers s’animent

D’un vert éclatant

Composant un solfège

Les merles sifflent

À mi-voix

Sur le cresson de la fontaine

Un merle boit

Le muguet égrène

Ses grelots immaculés

Puis quand tout est fini

Tournant la tête mars dit

Printemps, la besogne est finie

Tu peux venir, de la beauté, jouir

 

 

 

 

À LA RECHERCHE

 

 

Ivre de liberté

J’ai pris un nouveau sentier

Au premier carrefour

J’ai trouvé l’avenir

Une jeunesse volée

Par une nuit d’été

Pleine d’absurdité

Femmes aux mains abimées

Dans le désert des mots

Corps en détresse

À la recherche de tendresse

Je lui ai pris la main

J’ai aperçu une lueur

Dans son regard

 Nous sommes partis

Vers un nouveau destin

Un nouvel exil

À LA DÉRIVE

 

 

Aujourd’hui mon cœur

Est à la dérive

On est ivre mort

Je suis la rive

Et le quai

Je navigue dans les rêves

 

Je dérive à l’intérieur de moi

Comme le fleuve dans son lit

Mes oreilles ne perçoivent

Plus les voix

Le vent me parle du pays

Le vent tangue sur ma vie

Ce soir mon cœur chavire

La vague à l’âme

Est mon port d’attache

lundi 3 février 2025

L’HIVER VOILÉ

 

 

Quand l’hiver

De sa brume insolente

Voile les lampes

Et nous donne

Le frisson

On se borde

Comme dans l’enfance

Sous nos édredons

On sort les lainages

Une maille à l’endroit

Une maille à l’envers

On fait des rêves ensoleillés

Pour pallier au froid aiguisé

De cet hiver

Si cruel

L’HIVER REDOUTÉ

 

 

Quand l’hiver

Obstrue les chemins

De son manteau

On dessine des lendemains

Qui ne craignent pas le froid

On revêt ses mains de mitaines

On garde son cœur au chaud

Emmitouflé dans ses laines

Dont l’amour a fait

De beaux écheveaux

 

À PEINE ÉCRIT

 

 

J’ai tant tardé

Je n’attends plus

Il faut que je cours

Dans ce matin

Du monde

Tout m’appelle

Tout doit être prochain

Une fleur, une plante

Sur le chemin

Une abeille qui se pose

Qui butine une fleur

Comme un bourdonnement

De signes sous les feuilles

L’espace devant moi

Est infini, immense

 

JE NE SAIS

 

 

Nous ne savons pas vraiment

Où nous allons

Notre chemin est un mystère

Entre du gris et du vert

Aimant la nature, les fleurs

Parcourant des ruelles

Semblables entre elles

Je ne sais d’où nous venons

Je ne sais vers quelle poursuite

Nous courons

Entre les murs, entre les cris

Nous marchons

Vêtus d’ardeur, vêtus de nuit

Comme si le monde n’était qu’à nous

Et que nous en étions épris

NOËL

 

 

Les sentiers sont cachés sous un ciel étoilé

Le merle a jeté son cri dans le ciel

Les sapins sont frangés de blanc surnaturel

Et chantent l’alléluia sur la terre gelée

 

Et si de par le monde existe la rancœur

Elle sent ce jour-là dans sa misère

Un grand souffle d’amour

Qui traverse son cœur

 

CE TEMPS

 

 

Ce temps qui s’enfuit

Ce temps qui passe

Ces jours qui emportent l’espace

Pour ne laisser qu’amertume

Et douleur

Ce temps qui s’envole

Comme l’oiseau à tire d’aile

Le temps aussi qui guérit

Et qui console

D’une perte, d’une colère

LA ROSE

 

 

La rose éveille sa paupière

Sort de son songe

Sous la venue du printemps

Qui ouvre le bal

Des fleurs étoilées

Avec toi je voudrais

Danser

Ce léger parfum est une âme

Qui descend du paradis

Mon destin est signe d’envie

Pour t’accompagner au trépas

Plus d’un donnerait sa vie

Un poète a bien écrit

Avec un baiser

Ci-gît une rose

Que tous les rois

Vont envier

AVEC DES MOTS

 

 

J’ai retourné les mots

Comme les ancêtres la terre

Pour faire vivre les saisons

Printemps, été, automne

Et hiver

Avec nos bras valeureux

Avec l’espoir pour horizon

Le vent guide vers

L’au-delà

La nuit fait mentir

Le miroir

Mais aurons-nous la voix

Pour crier cela

Aurons-nous le cœur

Pour écrire

L’histoire de ce département là

 

AURONS-NOUS LE TEMPS ?

 

 

J’en ai fourché

Quelques mots

Comme aurait fait mon père

Pour vous parler de ma terre

Cette bonne terre ardéchoise

Si belle même si elle est un peu revêche

 

Pour faire germer la lumière

Avec un pour seul outil

Un brin de folie

Sans autre soif

Qu’un idéal

Et l’amour comme étoile

 

On a encore la voix

Pour pouvoir dire

Mais aurons-nous le temps

Et le cœur pour écrire

La joie que nous inspire

Ce département si cher au vent

Qu’on aime tant

J’AIME LA SOLITUDE

 

 

Ô que j’aime la solitude

Pour son silence

C’est avec elle que l’on apprend

Le silence est si bavard

C’est par elle que l’on apprend

Je l’aime d’amour cette solitude

Bien sûr parfois

On peut la haïr

Mais c’est tout de même

Une fureur, une flamme

Elle me touche jusqu’au fond de l’âme

Devant elle on se pame

Ses mots mais aussi ses silences

Sont plein d’ardeur

De beauté, de splendeur

Qui vous éclairent

Vous donne de la joie

Plus que les mots quelquefois

 

L’AMPLEUR DU DÉSASTRE

 

Le soleil joue à l’improviste

Les souvenirs

S’oxydent à l’air libre

Il vous reste la souffrance

Pour seule clairière

Ce quotidien deviendra vite

Insoutenable

Il s’agit de sauver encore

Un peu d’incohérence

Encore un court instant

Bricolant un dernier poème

Faisons le dos rond

Contre les ténèbres

 

 

POURQUOI

 

 

Tu te demandes quelquefois

Si l’espace est infini

Si la terre est ronde

Si tes rêves sont insensés

Ou prometteurs

Si la vie

Est un long fleuve tranquille

Où les poètes

Posent des mots obscurs

Pour capturer des vérités

Qui paraissent insaisissables

Comme les nuages

Qui passent se dissipant

Sans laisser de trace

Tu vois ce que tu crois

Un peu ceci, un peu cela

Comme Saint Thomas

Quand tu t’en iras

Il n’y aura que le présent

Quand on fermera tes paupières

On se souviendra seulement

Et on dira

Pourquoi ?

INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...