lundi 30 septembre 2024

DERNIER TRAIN

 

Le train s’éloigne lentement

Sur ce quai froid je suis absent

Une partie de moi

Est partie avec moi

 

Il pleut sur cette gare sombre

Je reste là confondu avec l’ombre

Le bruit s’estompe dans la nuit

Ton cœur et ton amour se sont enfuis

Avec les lumières du dernier wagon

SENTEUR DU SOIR

 

 

Par un soir d’été

J’irais nu-pieds

Dans les sentiers

Fouler les herbes folles

Goutter l’eau de la source

Qui jaillit du rocher

Sentir l’air frais du soir

Parfumé comme un encensoir

J’observerais, je rêverais

De cette nature enchantée

Aussi belle, aussi douce, aussi parfumée

Que le corps de la femme aimée

COMMUNAUTÉ

 

 

Je dis quelquefois

Mon fauteuil

Mon recueil

 

Tu dis aussi mon bureau

Mes roses

 

Puisque nous avons tout en commun

C’est avec notre argent

Que nous avons acheté ces choses

 

Ce qui est à toi est à moi

Ce qui est à moi est à toi

 

Alors disons

Notre fauteuil

Notre recueil

Notre bureau

Nos roses

 

ESCAPADE AMOUREUSE

 


Notre maison

C’est la forêt

Les herbes folles et les genêts

Le ciel et ses secrets

 

Notre maison

C’est ce petit coin

Où l’on se sent bien

Toi et moi sans rien

 

Notre maison

C’est le vent léger

Qui soulève tes cheveux

Dans ce petit chemin creux

 

Notre maison a une fenêtre

Celle de tes yeux

Comme un grand lac bleu

 

Notre maison n’a pas de toit

Le ciel, toi et moi

Cela suffit à notre joie

SOLITUDE

 

Les grandes douleurs

Sont souvent muettes

On entend leurs murmures

Qui filtrent dans leurs fêlures

 

Les corps à l’écorce dure

Ne peuvent cacher ce qu’ils endurent

Cette solitude, cet abandon

Où l’on ne peut mettre un nom

 

On reste les bras croisés

Ne trouvant pas le geste qui rassure

Peut-être la peur ?

De ne pas être à la hauteur

 

Quand trouvera-t-on assez d’amour

Pour franchir ce parcours

Afin de se rapprocher

De ces êtres esseulés

CHANGER DE PAYSAGES

 

Défaites ces paysages

De fumées, de béton

D’acier, de corons

Mettez du soleil

Sur vos maisons

Des roses en tonnelle

Dessins d’aquarelle

Glycines et rhododendrons

Pendez à vos balcons

Géraniums et liserons

Vos murs en trompe-l’œil

Des massifs de glaïeuls

Regardez votre paysage

Avec des yeux de sage

Vous aurez un sourire

Qui voudra tout dire

 

MONDE EN DÉROUTE

 

Tant de foule

Tant de houle

Tant de cœurs secs

 

Tant de famine

Tant de ruine

 

Tant d’argent

Tant d’armes

Tant de néant

 

Monde de haine

Monde de sang

 

Monde de doute

Monde en déroute

OPINEL

 

 

Je vais refuser

De couper

De trancher

Tu me laisses

Au fond du tiroir

Qu’as-tu fait de l’amitié

Qui vous réunissait

Mon ancien Maître Claude

Te souviens-tu de sa voix chaude

De méridional

Il t’avait fait ce cadeau

De ce beau couteau

Avec toute son amitié

Sans désir de la couper

Et moi je reste là au fond du tiroir

Dans un endroit si noir

Envers moi tu es cruel

Je suis pourtant un bel opinel

LES ENFANTS OUBLIÉS

  

Enfants de la terre

Enfants de la misère

Enfants de la guerre

Sans jeunesse, sans tendresse

Enfants de la détresse

 

Enfants des rizières

Qui plantaient sans relâche

Enfants accroupis

Qui tiraient les fils de vos tapis

Pour la satisfaction des nantis

 

Enfants des mines

Qui arrachaient de vos mains meurtries

Dans cette nuit humide

L’or et le cuivre

Qui brilleront à la lumière de nos villes

 

Enfants exploités dans votre corps

Par ces touristes infâmes

Qui assouvissent leurs fantasmes

Meurtrissant vos corps et vos âmes

Pour quelque argent pour apaiser votre faim

 

Peut-on écrire de jolies choses

Avec des sujets aussi atroces

Où la jeunesse de ces enfants

Grandit dans la douleur et le sang

L’AIR IMPUR

 

 

On est en guerre

Interdit de se parler

De donner ses idées

Tous aux aguets

Chaque rue cache un collabo

Les fenêtres, un échafaud

Tapissées de papier bleu

Toute vie se perd dans la nuit

Dès le couvre-feu venu

Raser les murs pour ne pas être vu

Se cacher, être discret

Pour une cause engagée

Mettre aussi le feu à la mèche

Pour sortir de cette occupation

Bouter l’ennemi hors du pays

Pour retrouver une vie

 

CONTRE

 

Je suis contre le loup

Qui tue la brebis

Contre la peur, le chagrin

Que fait régner l’assassin

Contre le hasard et ses jeux

Au parfum dangereux

Contre la violence

Contre l’intolérance

Contre ces musiques

De vengeance et de haine

Contre ces commerces de rendez-vous douteux

Sur un écran bleu

Que l’homme se ressaisisse

Prête une oreille attentive

À la nature, à la beauté des fleurs

À la main tendue

Au cœur mis à nu

LES SEIGNEURS

 

Ils prennent des décisions

Sans discussions, sans concessions

Imposant leurs lois

Massacrent et broient

 

Les tous puissants des cadences

Des chiffres et bénéfices

Dans leur tour d’ivoire

Ils ne veulent rien savoir

 

Les libertés sont comptées

Mesurées, écornées

Tout est décidé

Dans des bureaux secrets

 

Qui sont-ils ces maîtres

Tout puissants impitoyables

Qui sanctionnent, imposent

Rejettent, cassent, disposent

 

Les seigneurs de la production

Les dieux du rendement

Pour qui les humains

Sont peu de choses dans leurs mains

mardi 17 septembre 2024

LE PASSÉ

 


 

Je ne veux pas être l’archiviste

De mon passé, des choses gaies, des choses tristes

Je secoue au vent mauvais

Les cendres de mon passé

Passé tu m’étouffes

Je ne suis fait que de toi

Tu surgis quand on n’attend pas

Je sais bien passé

Que c’est toi qui m’as animé

Mais je ne veux pas

Fouiller dans les souterrains de ma mémoire

Faire le compte des défaites et des victoires

L’inventaire de mes passions

Ou je n’ai su toujours être bon

Reste bien caché dans mes bagages

Pour te dépoussiérer, je n’ai plus l’âge

AMOUR TOUJOURS

 


 

Tu m’as dit rappelle toi

Notre amour d’autrefois

Il jaillit toujours sous les caresses

Il y a toujours l’ivresse

L’amour dans l’allégresse

Peut-être plus calme parfois

Mais moins maladroit

Je te sens pareille sous mon étreinte

Tes gémissements, tes plaintes

Ta bouche fondue sous la mienne

Quand tu es mienne

Notre amour toujours vivant

À vaincre le temps

 

ENVOL

 

Mon cœur s’envole

Dans le vent tournant

Dans le soleil levant

 

Mon cœur s’envole

Vers mes amours

Pour leur dire bonjour

 

Mon cœur s’envole

Vers une amitié

Aujourd’hui retrouvée

 

Mon cœur s’envole

Vers un espoir

Auquel je voudrais croire

 

Mon cœur s’envole

Vers toi

Si loin là-bas

 

Mon cœur s’envole

Vers les souvenirs

Qui ne doivent pas ternir

 

Mon cœur s’envole

À toutes les occasions

Il caracole

TENTATION

 

 

Ce n’est pas un crime d’aimer

On ne peut blâmer

Celui qui créa femme si belle

Et les beautés qui sont en elle

 

Par le rayonnement de sa beauté

Elle n’est que tentation, que volupté

La prendre comme une citadelle

Pourquoi l’aurait-on faite si belle

 

Ou la faute, le péché

D’avoir trop d’amour pour elle

Pourquoi l’aurait-on faite si belle

Si ce n’est pour nous tenter

 

Que l’on m’accuse de tous les maux

Je ne peux vivre sans elle

Je me laisserais condamner à l’échafaud

Pourquoi l’aurait-on faite si belle

LE BAL

 

 

C’est pour aller

Que je me suis pomponné

 

Au bal du chat botté

Toujours aussi pressé

 

Au bal de Cendrillon

Qui a retrouvé son chausson

 

Au bal de Blanche-Neige

Les sept nains en cortège

 

Au bal de la Belle au bois dormant

Réveillé par le Prince Charmant

 

Au bal de la Mère Michel

Qui a retrouvé son chat fidèle

 

Au bal du petit chaperon rouge

Qui a retrouvé son chemin

 

C’est pour aller au bal

Que je me suis pomponné

RENDEZ-VOUS


 

Toi ma douce allons

Dans les sous-bois

J’ai envie d’être seul avec toi

Mets une écharpe à ton cou

Vois comme les genêts sont frileux

Viens nous serons heureux

 

Viens nous contemplerons les étoiles

De cette nuit sans voile

Viens ton doux visage

Me cache un petit nuage

 

Je ne vois plus le ciel quand tu m’embrasses

Tes bras sont plus doux que le ciel étoilé

Viens que l’on s’enlace

Je sens ton parfum sucré

 

Allongeons-nous dans les genêts

Pour mieux nous aimer

Nous serons seuls au monde

Dans cette nuit si longue 

 

DÉCEPTION

 

Je suis parti chercher l’amour

Couleur du soir, couleur du jour

Dans les massifs de roses

Aux fleurs tout juste écloses

 

Elle attendait sur le chemin

Près des massifs de lavande

Je lui ai parfumé les mains

Elle n’a pas vu mes yeux, leur offrande

 

Elle préféra chercher l’amour

Dans le verger qui s’ensoleille

Croquer la pomme

Sans honte et sans vergogne

 

Je la croyais venue du ciel

Elle a éparpillé mon cœur

J’avais tellement désiré son amour, ses merveilles

Elle m’a condamné à une destinée cruelle

BONJOUR

 

 

Bonjour petit matin

Qui pointe plein d’entrain

Matin de la douceur

De la première chaleur

 

Petit matin du jour

Qui sera trop court

 

Le soleil va se libérer

De se rayons nous encenser

Tout s’illumine autour de nous

La lumière est partout

Adieu lever du jour

Qui fut bien trop court

 

Adieu petit matin

Si doux, si câlin

DÉLIRES

 

 

Bonjour mon amour, ma vie

Bonjour ma petite amie

Bonjour toi si belle

 

Ma friandise bonjour

Toi si belle, mon tendre amour

Bonjour ma douce rebelle

Bonjour belle demoiselle

 

Ma belle déesse

Qui réveille ma paresse

Mon doux plaisir bonjour

Mon doux printemps, mon amour

INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...