mardi 20 août 2024

LA NUIT

 

l y a la nuit pour naître

Il y a la nuit pour mourir

Il y a des nuits pour s’abandonner

Il y a des nuits pour s’aimer

C’est à la fin de la nuit

Que le condamné laisse sa vie

Il y a la nuit où l’homme désespéré

Mettra fin à sa souffrance inacceptable

Il y a les nuits de pleine lune

Où l’homme devient loup dans la brume

Les nuits d’angoisse

De désespoir, de guerre lasse

Les nuits du guerrier passées à observer

Les nuits du soignant à soulager

Des nuits pour mentir ou pardonner

Nos nuits seront plus sereines

Si pour nos vies, il en est de même

 

LE TOURNESOL

 


Le tournesol, de sa tête inclinée

Toujours en quête de lumière

Tourne son visage illuminé

Vers celui qui l’éclaire

 

Un champ de tournesol sous le soleil d’été

Mille têtes dorées tournées vers la lumière

S’étirant pour mieux la guetter

Tournant à droite, à gauche et en l’air

 

Cette clarté étant leur raison d’être

Ne vivant que pour la capturer

Afin de mûrir ses grains dorés

Que l’homme recueillera au petit matin

 

Moissonne-moi, je suis à toi

Mes grains qui tombent dans tes doigts

Feront merveille sous la meule

Qui les pressera vers leur destin

LE MENDIANT

 


 

Toi, de tous, abandonné

Sous tes cartons pour te protéger

Des rigueur de l’hiver sans pitié

Un regard de métro pour tes bienfaits

 

Mendiant sans logis, sans destin

Homme sous le givre et le vent

À la merci, nuit et jour, par tous temps

Qui te tendra la main pour un bout de chemin ?

 

Les lumières de la ville

De tous leur éclat elles scintillent

Mais toi tu restes là

Personne ne parait penser à toi

 

Le monde moderne avance sans pitié

Laissant derrière lui au coin de la rue

Des oubliés dont on ne parait pas s’inquiéter

Amitié, amour semblent des valeurs perdues

 

Là tout près de nous au coin de la rue

NOS PAS

  

Un pas sur la route

Celui de l’être aimé

Que l’on attend pour calmer ses doutes

 

Un pas sur le chemin

Celui de l’enfant

Qui cause bien des tourments

 

Un pas dans l’allée

Celui du docteur

Qui vient pour soigner

 

Un pas que l’on guette

Sans trop y croire

De l’amant qui vous a quitté

 

Un pas que l’on redoute

Vous annonçant sans détour

Un malheur que l’on voudrait éloigné

 

Un pas discret

Celui du tout petit

Qui vous ouvre ses bras, se blottit

 

Un pas qui donne la joie

Le pas de l’ami

Que l’on croyait à jamais parti

Pas d’amour changeant une vie

 

Que vos pas soient le plus souvent des pas de bonheur

LE VOYAGE

 

Moi je voyage

Vers de nouveaux paysages

Vers une île fantastique

Pleine de fleurs exotiques

 

Bougainvilliers flamboyants

Sur des gazons verdoyants

Parsemés de fleurs

Aux diverses couleurs

 

Espace infini entre ciel et mer

Incite à la promenade

Sous les arbres majestueux

Aux parfums précieux

 

Musiques aux coins des rues

Biguines, mazurkas endiablées

Aux danseuses dénudées

Tout pour le plaisir de la vue

 

Tout incite à la paresse

Plaisir de la caresse

Plaisir de humer, de toucher

De vivre comme il vous plait

L’ENFANT PRODIGUE

 

Pourquoi ne nous écris tu pas ?

Nous aimerions savoir ce que tu fais là-bas

Nous serions emplis de joie

Par un simple mot venant de toi

 

Tu dois être très occupé

Par tes soucis

Tes nouveaux amis

Je t’en supplie, ne nous oublie pas

Par un simple mot venant de toi

 

Tu es parti si vite

C’est si dur quand on se quitte

On ne peut oublier celui qu’on aime

Nous serions remplis de joie

Par un simple mot venant de toi

 

Monfils nous ne pouvons vivre séparés

Tous ces bons moments, comment les occulter

Pensant à ces jours si loin déjà

Que nous avons vécu avec toi

Je t’en supplie ne nous oublie pas

Par un simple mot, confie-toi

 

 

FEMME VOILÉE

  

Oh femme, que tu dois être belle

Comment t’imaginer sous ton masque cruel

Pourquoi tant de secrets que l’on ne peut voir

Je ne peux t’imaginer qu’avec ma mémoire

 

Oh femme, que tu dois être belle

 

Ton masque flotte au vent

Ta voix me parvient comme un rêve

Femme ton avenir est en péril

Ne te mure pas dans cet exil

 

Oh femme, que tu dois être belle

 

Pourquoi cacher ton visage

Je ne puis supporter ce masque hors d’âge

Revient au monde des vivants

Je t’en supplie, délivre-toi de ce vêtement

 

Oh femme, que tu dois être belle

 

 

LE BATEAU

 

C’est fini, le bateau va nous quitter

Il glisse doucement le long de son bassin

Emportant les joies, les douleurs, vers son destin

La proue entre lentement dans la mer

Parait l’épouser, faire l’amour avec elle

Qu’il st beau ce bateau, il est si fier

Il s’en va vers d’autres horizons

Vers d’autres paysages

Vers son destin

Pour emplir de bonheur ses passagers

Qui saluent les gens restant sur le quai

Se jouant du roulis, du tangage

Il reste droit invulnérable aux éléments

Le capitaine est majestueux sur le bastingage

À contempler son enfant si sage

Destiné à de si longs voyages

Qu’il est beau notre bateau

HIVER

 

Par la fenêtre, j’aperçois le jardin

Couvert de neige au petit matin

L’hiver tant redouté est là

Le ciel chargé de nuages gris

La nature inerte sous le blanc manteau

Seul au milieu de cette immensité passe un oiseau

Une tourterelle à la recherche de vermisseaux

Son plumage mouillé de rosée, engourdie sous la froidure

Des téméraires oubliant le froid

Ont entrepris la confection d’un Père Noël

Il est merveilleux son nez rouge sous son ombrelle

Chaque saison a son charme, même l’hiver

 

HORIZON

 

Horizon, magie d’une ligne

Un trait indéfini

Où se rejoint la mer et le ciel

Une frontière irréelle

Et pourtant aussi loin que peut aller notre regard

Nous aimons admirer cet infini

Cette ligne presque irréelle

Où se rejoignent la mer et le ciel

LES CHOSES DE LA VIE

 

La vie est faite de choses

Les choses de la vie

Les parfums du jardin

La couleur des fleurs

Le facteur et sa bonne humeur

Le boulanger qui fait son pain

Le vigneron qui cueille le raisin

Maman qui fait des câlins

Grand-mère qui promène son chien

Le soleil qui brille de bon matin

Sa lumière donnant de l’entrain

Tout un ensemble de choses

Qui permet d’être moins morose

L’ORAGE

 

Il arrive de l’horizon

Il est sur nous comme un faucon

Brusquement tout est sombre

La nature recouverte d’ombre

 

Les éclairs zèbrent le ciel

Feux d’artifice sans pareil

Le tonnerre suit dans l’instant

Dans des grondements assourdissants

 

Le chien fuit sous la soupente

La frayeur au ventre

Il faut se mettre à l’abri

Rapidement sans sursis

 

Et puis soudain comme il est venu

Il s’enfuit la paix revenue

La nature parait se réveiller

D’une nouvelle clarté

mardi 6 août 2024

SÉPARATION

 

On n’aime pas

Voir mourir les choses

L’arbre abattu

La sève ne coule plus

L’animal si joyeux

Soudain trop vieux

La plante flétrie

Par la maladie

Le ruisseau si gai

Soudain asséché

L’herbe verte du pré

Jaunie, assoiffée

L’ami dont la vie

A été anéantie

Par accident ou maladie

On n’aime pas

Voir mourir les choses

Voir mourir la vie

ADIEU

 


Comment dire adieu

Sans tristesse, sans regrets

À la jeunesse qui s’enfuit

À l’éloignement d’un ami

 

Comment dire adieu

Sans tristesse, sans regrets

À l’enfant qui a grandi

Et qui demain sera parti

 

Comment dire adieu

Sans tristesse, sans regrets

À celui qui s’expatrie

Vers un très loin pays

 

Comment dire adieu

Sans tristesse, sans regrets

Il serait beaucoup mieux

De dire un simple aurevoir

Le plus beau signe d’espoir

LE MÉCONTENT

 

Jamais content

De la pluie, du beau temps

Du sens du vent

De son emploi du temps

Par ses amis

Jamais conquis

Critiquant

Tout le temps

De ces voisins

Il se plaint

Du facteur

Qui n’est jamais à l’heure

De lui-même

Il en est de même

LA LUNE

 

Rayon de lune

Par-dessus le toit

Sur les rosiers

Pour les éclairer

Sortir de l’ombre

Rayon de lune

Tu éclaires

Les arceaux de la tonnelle

Où s’accroche la glycine

Si parfumée, si câline

Les massifs de bégonias

Les fleurs de l’acacia

Un nuage passe

Tout perd son éclat

Rayon de lune

Tu as disparu

La nuit reprend ses droits

IL PLEUT SUR LE JARDIN

 

Il pleut sur le jardin

Il pleut sur le chemin

L’eau ruisselle

Sous mes pas

Il pleut aussi dans mon cabas

 

On entend le jardin

Sous les milliers de gouttes

Qui viennent caresser

L’eau coule le long de la route

 

C’est une pluie tranquille

Qui file le long des tuiles

Le ciel est ennuagé

Les couleurs sont ravivées

 

Les oiseaux sont en déroute

Le banc est tout mouillé

Le chien court s’abriter

Sous la marquise du palier

LE PETIT TRAIN

 

Le petit train circule haletant

Avalant plaines et coteaux

Les arbres le saluent gaiement

Son panache de fumée obscurcissant le ciel

Qu’il est beau le petit train sous le soleil

Trois coups de sifflet mettent en garde les imprudents

Arrivant en gare, il parait essoufflé

De la vapeur jaillit de tous ses clapets

Le voilà reparti tout joyeux

De pouvoir coucher les herbes folles

Qui s’agitent autour de lui en farandole

Qu’il est beau le petit train

Les ardéchois en ont le béguin

 

LE RUISSEAU

 


Écoutez le danser

Écoutez le chanter

Il se joue des cailloux

Que les cascades déplacent

Il chantonne

Il sillonne

À travers les roseaux

À travers les herbes folles

Il est joyeux, il rigole

Joli ruisseau si frais, si beau

Que de joie tu engendres, que de cadeaux

Aux enfants qui jouent sur tes rivages

Occupés avec leurs moulins, ils sont si sages

Le ruisseau, il chantonne

Le ruisseau, il sillonne

Se jouant de tout

À vous rendre jaloux

 

 

L’HORLOGE


Si l’on pouvait

Arrêter les aiguilles

Qui marquent l’heure

Du temps de notre vie

 

Horloge incorruptible

Tu restes impassible

Tu nous entraines vers l’infini

Sans nous donner de répit

 

Aie pitié, laisse-nous respirer

Arrête d’égrener

Tes secondes cruelles

Qui tintent à nos oreilles

 

Tu restes sourde

À notre supplique

À notre recours 

Horloge fatidique


INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...