lundi 31 mars 2025

NOIRCIR DES PAGES

 

 

On en noirci

Des pages

Sans avoir su

Parler à ses parents

On s’est bercé d’oubli

On aurait tant aimé

En dire plus

Des gens aimés

De sa rivière

De ses chemins de traverse

De tous ces sages

Qui avec nous ont fait

Ce chemin

On parlera demain

Quand la solitude étreint

Qu’elle aura raison

Des nuits sans sommeil

REFAIRE LE MONDE

 

 Les vieux parlent

De refaire le monde

Ils parlaient de liberté

De récoltes de leurs collines

Auxquelles ils sont très attachés

Ils parlaient de ne pas mourir

Du devoir accompli

Du relent de leurs misères

De leur chez eux

Ces vieux sont morts

Avec le sourire

Et dire qu’ils demandaient

Si peu

LES VIEUX

 

Les vieux parlent

D’une voix grave

En se remémorant

Le temps qui passe

Et celui déjà passé

Debout dès l’aube

Fiers et braves

Les vieux parlent

De leurs terres

Où ils ont trimé

Du matin au soir

Les yeux tournés vers le ciel

L’âme, le cœur triste austère

Avec pour tout repos, l’espoir

FLEURS DE FRISSON

 

Ils ont inscrit

Sur leur visage

Les rideaux de larmes

Fleurs des frissons

Les racines de leur terre

Leur chevelure

Couleur foin

La sagesse

Bien heureuse

Un langage centenaire

Au patois de leur terre

Entre la plaine

Et les galères

 

DE VALLONS EN COTEAUX

  

Les gens du pays

Sont mémoire vivante

Ils ont le pas dansant

Sur des airs d’antan

Ils parlent une langue

Chantante

Ils ont l’œil aux aguets

Aussi beau que le ciel d’été

Un accent à servir à boire

À ramener le ciel à leur terre

Entre la plaine

Et les chalets

 

LE PRENDRE PAR LA MAIN

  

Un pays de soleil

Un pays de vent

Un pays souverain

Indépendant

Toujours debout

Devant l’adversité

Un pays à prendre

Par la main

Un pays géant

Un pays survenant

Croisant vers

D’autres cieux

LE PAYS D’ARDÈCHE

  

Mon pays s’inscrit

Entre la montagne

Et le fleuve Roi

Sur l’écorce fleurie

Des arbres fruitiers

Qui participent à sa beauté

Un pays qui se lève

Qui couve sous la braise

Un pays de racines

Tourné vers l’avenir

Qui engendre une embellie

Ailleurs que dans une marge

Un pays auquel on s’attache

Pour toute sa vie

SERMENT

 

Alors que nous finissions

Une journée estivale

Tendrement nous marchions

Pendus à mon bras, rêvant

Admirant les étoiles

Le long d’un chemin qui dévale

Un doux parfum de fleurs

Apporté par le vent

Une lune naissante

Et les étoiles brillantes

Nous nous sommes fait des serments

Dans le sous-bois parfumé

Entre deux baisers aux promesses sincères

Nous admirons la beauté de notre terre

VIEUX SOUVENIR

 

 Je me souviens encore

De ces prairies rouge et or

Coquelicots, boutons d’or

L’odeur du foin dans la grange

La lettre un peu fournie

Que mon aïeul envoie

À ma grand-mère pour la séduire

La tabatière du vieux cousin

Mettant son nez dès le matin

Mon imagination me renvoie

Encore des odeurs de muguet, de lilas

Tous ces instants de joie

Me font penser aux choses d’autrefois

Les lilas, le muguet, la joie

Les premiers baisers

Des amours un peu surannés

IDÉALE VIE

 

 Une grande salle

Une cheminée centrale

Une table bien garnie

Des bougies qui éclairent ceci

Une guitare qui enchante

Des fleurs qui parfument l’ambiance

Les belles illuminent la soirée

De leur grâce, de leur discours discret

Et l’on songe parmi tous ces atours

Rien qu’à de la grâce

Et de l’amour

A de lointains pays

Ou tout est rêve et poésie

J’AVAIS RÊVÉ

 

  

J’ai désiré des jardins

Plein de roses fleuries

Un Eden aux milles fééries

Des lacs bleu profond

Un horizon sans fond

J’ai trouvé les parfums

Dans le blond de tes cheveux

Le sourire dans tes yeux

Le rose sur tes joues

De tous les rêves que j’avais fait

Tu es mon cadeau princier

Une ivresse orientale

Une beauté fatale

CHANT AMOUREUX

 


Apportez moi des fleurs odorantes

Pour me parer campagnes errantes

Et charmer mon bien aimé

Le vent se lève embaumé

Nous voyons près de nous

Frémir les roseaux

Et dans le muguet pour les oiseaux

Ce blanc muguet en clochettes odorantes

J’en décore mes cheveux

Mon bien aimé me serre dans ses bras

Le vent du soir fait flotter nos pagnes

L’amour nous gagne

Dans le soir qui descend

Et qui enveloppe notre couple aimant

 

lundi 3 mars 2025

JE T’ADORE

 

Je t’adore comme un ciel d’été

Ou comme la voute nocturne

Oh vase ancien un peu taciturne

Tu es depuis si longtemps

L’ornement de la table des parents

Il y a tant d’années

Que tu fleuris tout l’an

Je te chéris oh vase éternel

Même si tu me rappelles

Des souvenirs cruels

L’époque fut tellement belle

Celle de mon enfance

Pavée de souvenirs immenses

Je veillerai à changer tes eaux

Pour que tu fleurissent à nouveau

LA MORT DU VILLAGE

 

Il y a comme ça

De vieux villages

Qui se dépeuplent avec l’âge

Les oiseaux rentrent se coucher

Sur le vieux clocher

Encore quelques lumières s’allument

Vieilles petites lueurs dans la brume

Le chemin autrefois si bruyant

Chemin désert maintenant

Les dernières fleurs du jardin

Se pelotonnent dans le soir

C’est là qu’elles sont nées

Et ont à cœur de s’en aller

Puis une à une les lumières

S’évanouissent jusqu’à la dernière

Bientôt ces vieux murs

Vont rendre l’âme

Tout doucement vieillissant

Dans le même temps que les habitants

L’EAU IMMOBILE – DOUCE PROMENADE

 

 

Sur l’eau du lac immobile

Les branches caressent la surface

Quelques cygnes fendent l’eau

Dans un silence si beau

Quelques fleurs exilées

Ornent les berges

En massifs bien ordonnés

Jacinthes, dahlias, hortensias

Font un délicieux ensemble

Des parfums variés

Embaument l’espace

Un chemin piétonnier

Bien bordé

Fait le tour du lac

Pour une douce promenade

Où les enfants jouent

Où l’on échange des confidences

Et des billets doux

RÊVES D’AUTOMNE

 

Mon âme rêve de calme, de douceur

Un automne panaché de tâches, de douceurs

Vers ce ciel sombre et clair à la fois

Qui semble regarder d’un ton magique

Ce jardin presqu’endormi, mélancolique

Au milieu un jet d’eau

Orne le bassin et martèle la margelle

Comme un bruit de grêle

Cette eau qui monte et retombe

Comme pour vivre une agonie

Des feuilles mortes meurent

Emportées par le vent

Comme un jeu d’enfant

Un dernier rayon de soleil pâle

De couleur jaune opale

Meurt sur l’horizon

 

EXOTISME

 

Si je ferme les yeux

Par ce chaud soir d’automne

Je vois défiler des rivages somptueux

Un sable blanc généreux

Ou viennent mourir les petites vagues

La mer qui arrive du large

La verdure est différente

Les fruits savoureux

Les fleurs aux couleurs somptueuses

Guidé par ces odeurs et ces paysages là

Le port plein de voiles et de mâts

Des chants exotiques résonnent

Ajoutant de la beauté au paysage

Tout me fait rêver de voyages

LES BATEAUX

 

Regarde dans le port

Dormir les bateaux

Leur humeur est vagabonde

Ils rêvent de voyages sur les mers du monde

De voir de beaux soleils couchants

Des aubes naissantes

Là ils reposent

Les vagues viennent mourir

Contre leur coque de couleur vive

Tout est calme et volupté

Ils ne subissent pas la tempête

Ils dorment attachés, ils paressent

CES ROSES POUR MOI

 

Alors confirmez-moi

Ces roses étaient destinées pour moi

Au premier soleil du matin

Elles menaçaient d’être fanées

Mais avec les heures une à une

Dans le beau vase d’opaline

Elles délivrent un délicieux parfum

Oh divines fleurs je hume cette odeur là

Qui me rappelle comme un souvenir tout bas

Et de ma jeunesse sonne comme un glas

LE FEU

 

Alice par jeu me jeta de la neige

Que je pensais froide évidemment

Mais c’est une chaleur qui m’envahit

Car embrassé je le fus rapidement

Je fus dans un état de grâce

C’était de l’amour et non de la glace

Nul besoin d’éteindre ce feu que je ressens

Je voudrai qu’elle ressente le même que le mien

 

SORTIE DE L’HIVER

 

Le torrent a gonflé

Par les neiges tombées

C’est un vagabond

Qui dévale le vallon

De glace et de neige mélangées

La mer est en colère

Je sens poindre la tempête

De ce joug la terre va se lasser

Trop longtemps captive de cet hiver

Dont ces frissons emplissent encore l’air

Il va la rendre au printemps plus doux

Qui arrêtera ces courroux

Fera fleurir les pâquerettes

Et les violettes

Dans l’herbe verte

LE LIVRE SACRÉ

 

Le livre de la vie

Est l’écrit suprême

Que l’on ne peut achever

Ni reprendre comme l’on voudrait

Les moments attachants

Ne s’y lisent que quelques instants

La dernière page

Se tourne trop brève

Nous ne pouvons guider son règne

Elle s’achève d’elle-même

LARMES IMPRÉVUES

 

Les larmes

Vous montent aux yeux

Comme une source fraichement découverte

Les larmes sont la brume sur le lac

Un trouble intérieur

Qui vous tient, vous enserre

L’eau salée de la peine

Toute larme versée

Fait germer la terre

Fleurir le bonheur

Les larmes de la tristesse

Mais aussi les larmes de joie

NATURE DÉLICIEUSE

 

Nature rien de toi ne m’émeut plus

Que la beauté des champs

Que tes prés florissant

La splendeur de tes couchants

La divine lueur des soleils levants

Voici mon cœur qui s’offre à toi

Ne le malmène pas

Que pour toi cet humble présent

Soit des plus doux

J’arrive couvert de rosée

Que le vent du matin a placé

Permet qu’à tes pieds je me repose

Que je laisse se calmer la tempête

Et que je dormes un peu

ÉGARÉE

 

 Regardez-la

L’égarée

Sans issue

Sénile

Malheureuse

Comme un silence

Solitaire

Elle déambule

Le cœur en bandoulière

Maladive

Sans couleur

Sans vigueur

Sans parfum

Quelques larmes

Au creux des mains

Dansant sur de l’amertume

Elle circule

Sans but précis

Le sourire tari

 

INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...