vendredi 21 juin 2024

LA BAGARRE

 

Je n’aime pas

Ce vent glacial

Qui fait la guerre

Aux gros nuages

Il n’aime personne

Il est toujours en bagarre

Il agite la mer

La met en colère

La lune curieuse

Observe et surprend

En plein conciliabule

Tous ces éléments

Qui se bousculent

 

LAISSE POUR L’INSTANT

 

Laisse pour l’instant

N’allume pas la lampe

Je ne crains pas l’obscurité

Que mes yeux s’emplissent

Encore de ces ténèbres

Nous sommes encore là

Le soleil nous a trompé

Le grand jour blesse

Berçons notre mollesse

Dans ce noir silencieux

La nuit se déroule, se prolonge

Nuit qui hait le jour

Et lui résiste

Long fleuve de paix

Que ces instants léthargiques

Et aussi d’oubli

Se berce de mélancolie

 

 

LE BONHEUR

 


Regarde il est là-bas

Derrière la haie

Je l’ai vu passer

Il y a quelques moments

À peine

Je crois qu’il est à côté

Là, tout près

Tu viens de le manquer

Il est si pressé

Il ne faut pas le manquer

Regarde, est-ce que tu le vois ?

Je te le montre du doigt

Là, un peu plus loin

Près de la grange à foin

Le voilà qui revient

Il est juste là tout près

Non, là-bas regarde mon doigt

C’est juste son heure

Il ne va pas tarder le bonheur

LA VOIX QUI CHANTE

 

J’entends cette voix qui chante

Cette voix si vivante

Une humble voix pour moi

Si je disais tout ce qu’elle chante

J’en dirais trop ou pas assez

Et tout ça je veux l’oublier

Elle chante des souvenirs

De vieux refrains

Il n’y a pas de sonnette d’alarme

Pour les chagrins particuliers

Je n’ai rien à déclarer

L’amour part en voyage

À peine j’aurais vu son visage

Tout de suite je le reconnaitrai

 

TENDRESSE

 

Pour un éclair de tendresse

Je donnerais tout l’argent

Que le diable caresse

Dans ses coffres d’argent

Les marins vident leur escarcelle

Pour offrir de l’or

À de fausses princesses

Pour un peu de tendresse

Pour ce peu de tendresse

Je te donnerais ma jeunesse

Le temps du moins qu’il reste

De mon été finissant

Pour ce peu de tendresse

Qui danse sur ton front

Penché vers ma détresse

Je te donnerai l’univers

Des jours qu’il me reste

 

QUAND TU DORS

 

Quand tu dors la nuit

Et que moi j’ai des insomnies

De te voir dormir

Ça me fait souffrir

Tes yeux fermés

C’est drôle mais ça fait pleurer

Et soudain tu ris

Tu ris en dormant

Où es-tu en ce moment

Peut-être très loin

Je sens ton cœur qui bat

Je ne sais rien, je ne suis plus

Tu rêves la nuit

Moi j’ai des insomnies

Je te vois rêver

Ça me fait pleurer

 

L’ÂTRE

 

L’âtre encore noirci

A retrouvé le feu

De l’hiver passé

Son haleine déjà

Réchauffe la maison

Solitaire

En regardant la flamme danser

Je songe à tous ces êtres

Qui furent familles

Parfois un peu inconnues

Dans ces années innombrables

Où le feu a vécu

Flammes qui s’enroulent

Braises qui se consument

Sous la cendre

Je pense à tout ce bois

Brûlé sur ces pierres

S’il pouvait renaître

Il couvrirait

D’un seul coup

Toute la colline d’une forêt

FONTAINE

 


C’est la fontaine bavarde

Où jaillit l’eau claire

Que le vent magicien

Fait des tresses d’argent

On en a vu

Dans la fontaine ronde

Brûler des étés

Et des nuits étoilées

Tu chantes la romance

Tu racontes des légendes

Tu es tristesse

Ou joie

Selon l’humeur de l’instant

À l’heure où s’allongent les ombres

De la fin du jour qui se meurt

Combien de filles ont attendu

Fontaine

Attendue, guettée, convoitée

Par un amoureux impatient

FEUILLES MORTES

 


 Les feuilles mortes

Souvenirs agonisants

De l’été

Feuilles aux couleurs mordorées

Ces tristes feuilles qui ne vivent plus

Elles s’arrachent des branches

Tourbillonnent

Comme des oiseaux blessés

Portées par le vent

Et montent jusqu’au ciel

Pour retrouver les hirondelles

Qu’elles ne reverront plus

 

IVRESSE

 


C’est comme une ombre légère

Un rêve, un papillon

Une feuille égarée

Emportée par le vent

Qui court

Lentement

Dans le jour finissant

Discrète

Le soir recueille les parfums

Pour les déposer

En bouquet de rosée

Et dans les branches

Danse le souffle du vent

Merveilleux instants

Où le bonheur enivre

Et ne sait plus

Si la lune danse

Si les ombres se penchent

Si les étoiles se croient papillons

Et les parfums

Ivresse du rossignol

Qui chante

MOBILE

 


 

Appeler sans réponse

Chercher sans trouver

Écouter et ne rien entendre

 Ne pas savoir ce qui nous attend

Et puis

Un soir

Parce qu’un oiseau chante

On se reconnaît

Pleinement dans ce que l’on est

Être peut-être un autre

Que celui que l’on croyait

EN MARS

 


 

En mars, on tend l’oreille

À tous les vents

Venus

De tous les horizons

Les vents de la forêt

Ceux de la plaine

Qui emplissent l’espace

Fait vibrer la terre

De tendresse

De tristesse

Ou d’allégresse

Le bruit des fougères

C’est le vent de la vie

Les vents du pays

Qui passent sans relâche

Mêlant leurs larmes

Et leur ivresse

Et qui laissent toujours

Un peu de grâce

Un souvenir

Qui emporte nos rêves

LA SOURCE

 


 

Tu es là tapi au fond de la combe

Au milieu d’un collier de mousse

Tu coules doucement

Source claire

Venant du flanc de la roche

Ton filet d’eau glacée

Scintille d’un éclat lumineux

Se sépare puis se rejoint

S’étale un peu

Au creux d’une pierre grise

Suspend son cours

Repart, se renoue

Pour devenir un ruisseau

À l’eau limpide

Qui reflète une image

Songe de poète

Naissance de rêverie

Dans un voile d’eau pure

Fugace, d’un instant

Troublée par le passage d’un oiseau

Mêlant rêve et réalité

OH JEAN (Jean Ferrat en souvenir)

 


Sur le chemin de ton histoire

Il me revient en mémoire

Le temps de l’enfance

Qui passe vite dans notre belle France

Les printemps ont fleuri

Du matin au soir

Dans les combats remplis d’espoir

Tes yeux ont souris

L’amour était ta loi

Que serons-nous sans toi

C’est beau la vie

Au rythme de la poésie

Aimer à perdre la raison

Sur le chemin de la vie

Chaque aube est si chère

Vole loup sauvage

Antraigues

Était si cher à ta vie

Et l’Ardèche aussi

 

MA CHÈRE FRANÇOISE (Françoise Hardy en souvenir)

 


 

Permets moi de te tutoyer

Pour te dire

Toi qui parles si bien

Des roses dans tes écrits

N’es-tu pas toi-même

La plus belle des roses

Tu parlais si bien

Avec tes mots

De la plus belle des manières

De cette belle fleur

 

Je conçois moi-même ces choses

Car j’aime aussi les roses

Qu’elles soient blanches

Ou de diverses couleurs

Pour leur parfum et leur divine odeur

 

 

INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...