Mon cœur est en repos
Mon âme fait silence
Le bruit lointain du monde
Ne me parvient que de très loin
Et expire en arrivant
Comme un son éloigné
Qui affaiblit les longues
distances
Dans une oreille incertaine
Apporté partiellement par le
vent
Un ardéchois au cœur fidèle qui témoigne de la beauté des choses, de la vie et du temps qui passe
Mon cœur est en repos
Mon âme fait silence
Le bruit lointain du monde
Ne me parvient que de très loin
Et expire en arrivant
Comme un son éloigné
Qui affaiblit les longues
distances
Dans une oreille incertaine
Apporté partiellement par le
vent
Mon âme s’assoupit
Au moindre murmure
Comme un enfant
Bercé par un chant monotone
C’est là entouré par un rempart
De belle verdure
Et un horizon court qui
suffit à mes yeux
Là où j’aime fixer mes pas
Seul, silencieux dans la
nature
À n’entendre que son bruit
Et à ne contempler que les
cieux
J’ai trop vu, trop ressenti
Dans ma vie
Je viens chercher ici un
calme
Qui mène vers l’oubli
Quand nous partions le soir
Quand le soleil faiblit
Et que s’effacent les ombres
Nous avions pris une barque
Pour une promenade
J’entends encore les rames
en cadence
Battre l’eau immobile
Troublée seulement par notre
présence
Il nous parvenait quelques bruits
De la terre au loin, une
voix, un cri
J’aime savourer ces délices
Du plus beau de cette fin de
jour
Cette nature si belle
Et qui t’aime
Va vers elle, elle t’accueillera
Les bras ouverts
Toi tu peux changer
En prenant de l’âge
La nature, elle, est
toujours
La même
Son soleil se lève tous les
jours
Chaque soir le crépuscule
Est de retour
Fait de lumière et d’ombre
Prête toujours l’oreille
À son divin concert
Si vous saviez comme je l’aime
Il est gentil avec moi
Son poil est couleur de feu
Et très chaleureux
Il ne peut vivre sans nous
Il aime les lits, les divans
Pour passer son temps
À nos caresses il s’abandonne
Ses yeux sont un vrai
bonheur
Tout ce qui inspire mon cœur
Son tendre regard me fend l’âme
Quand on part il nous réclame
Il faut pourtant faire emplette
De ses délicieuses
croquettes
Mes vers ont des pieds
C’est bien
Mais il faut aussi
Bon œil
On dit bon pied, bon œil
Ne peuvent s’ignorer
Ils sont en alexandrins
Pour les plus malins
Il enjambe le faux, le vrai
Moi personnellement
Je suis moins bienveillant
Et je me contente de vers
libres
Pour faire un équilibre
Voici les feuilles privées
de sève
Qui tombent sur le gazon
Le vent s’élève
Il gémit dans le vallon
Une hirondelle passe à tire
d’aile
On glane le vieux bois tombé
Dans la forêt
C’est l’arrière-saison
Où tout tombe à terre
Sous les assauts du vent
De l’automne arrivant
L’herbe frissonne
Dans le pin siffle le vent
Amoureusement
Un oiseau cherche refuge
Tout pâlit, tout souffre, gémit
C’est une grande solitude
Qui s’installe avec
plénitude
Écoute le vent qui gémit
Les roseaux qui soupirent
Les parfums sont si légers
Dont l’air est embaumé
Tout ce que l’on voit
Tout ce que l’on entend
Tout ce que l’on respire
Tout nous parle de beauté
Les crépuscules sont
flamboyants
Les aurores ouvrent la porte
au jour
Qu’elles s’éternissent ces
beautés
Que la nature nous a données
Elle a un don de voyance
Sur l’avenir
Une haute clairvoyance
Qu’elle met volontiers
À votre service
Elle a une vie misérable
Sans vraiment de logis
Sa vie est faite de gris
Elle glisse en vieilles
savates
Sur le trottoir elle marche
Au milieu des passants
Elle est sollicitée
Ses gestes sont pressants
En un tour de main
Elle fait les lignes de la
main
Dans sa robe large
Ses oreilles ordonnées d’anneaux
d’or
Chaque fois elles sonnent
Pour la disparition d’un
être cher
D’un enfant qui arrive sur
terre
Pour le plaisir et les
larmes
Elles font balancer leur
battant
Elles sonnent l’angelus de
midi
Et celui du soir
L’office du dimanche
Leur chant en s’élançant
Vient rompre le silence
Un passé renaît
Dans leur belle envolée
Amitiés, amour, doux
souvenirs
La fraicheur est vive
Sur la route pourrie d’automne
Les feuilles de platane
dégringolent
C’est un écroulement de la
lumière
Les lampadaires balancés par
le vent
Il tombe une pluie fine
Que le vent fouette sur les
visages
La nuit a l’odeur de
feuilles mouillées
Il y a des restes d’odeurs parfumées
Des dernières fleurs d’été
C’est l’heure
Entre chien et loup
Ce n’est ni la nuit
Ni l’aube
Mais une heure incertaine
L’heure des rôdeurs
Et des chiens égarés
Qui errent dans un
brouillard gris
L’heure du poète
Qui se sent tristement
Porté sur l’aile inquiète
L’heure où les lampes n’ont
plus de halo
Pour éclairer ce pauvre
cahier
D’où l’on ne voit que des
fantômes
Que l’on croyait oubliés
Quand tu liras ce mot
Je serai loin déjà
Une lettre écrite
Pendant ton sommeil
Écrite dans l’ombre de la
nuit
Pendant que tu tricotes tes
rêves
Quand le lever du jour
Quand tu la liras
Qui sait où je serais
Emportée au loin une illusions
Un adieu
Il y a si longtemps que j’oublie
Demain tes rêves auront fui
Et ma lettre avec
À mettre au rayon des oublis
En aspirant simplement
J’ai eu peur d’aspirer mon
bonheur
Oh c’était un petit bonheur
Qui disparait en moins de
deux
Qui n’importe où se blottit
Alors allez donc l’éviter
Sans difficulté il va y
passer
Mon petit bonheur à moi
Il y avait aussi mon malheur
Un vrai malheur
Regrets, larmes, fleurs
Sentiments gâchés
Il veut s’échapper
S’étale sur le tapis
Dans les coins tout petits
L’aspirateur va aspirer tout
ça
Prenant aussi mon malheur
T’écrire pour moi
C’est laver mon désespoir
C’est passer mon temps
D’enfant pauvre
Le passer comme un printemps
Peuplé de rires et de larmes
T’écrire c’est m’endormir
Sous les ailes d’une
tourterelle
T’écrire c’est comme une
fenêtre
Pour écouter ces oiseaux
musiciens
Qui peuplent l’horizon lointain
L’argent n’apporte rien à l’homme
Ici l’argent a le cœur content
Seule lui reste la tendresse
La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas Connais-tu la mesure De la tendresse ...