lundi 13 octobre 2025

MON CŒUR

 

 

 

Mon cœur est en repos

Mon âme fait silence

Le bruit lointain du monde

 Ne me parvient que de très loin

Et expire en arrivant

Comme un son éloigné

Qui affaiblit les longues distances

Dans une oreille incertaine

Apporté partiellement par le vent

MON ÂME

 

 

Mon âme s’assoupit

Au moindre murmure

Comme un enfant

Bercé par un chant monotone

C’est là entouré par un rempart

De belle verdure

Et un horizon court qui suffit à mes yeux

Là où j’aime fixer mes pas

Seul, silencieux dans la nature

À n’entendre que son bruit

Et à ne contempler que les cieux

J’ai trop vu, trop ressenti

Dans ma vie

Je viens chercher ici un calme

Qui mène vers l’oubli


LE LAC

 


 

 Te souviens-tu

Quand nous partions le soir

Quand le soleil faiblit

Et que s’effacent les ombres

Nous avions pris une barque

Pour une promenade

J’entends encore les rames en cadence

Battre l’eau immobile

Troublée seulement par notre présence

Il nous parvenait quelques bruits

De la terre au loin, une voix, un cri

J’aime savourer ces délices

Du plus beau de cette fin de jour

ACCUEIL

 

 

Cette nature si belle

Et qui t’aime

Va vers elle, elle t’accueillera

Les bras ouverts

Toi tu peux changer

En prenant de l’âge

La nature, elle, est toujours

La même

Son soleil se lève tous les jours

Chaque soir le crépuscule

Est de retour

Fait de lumière et d’ombre

Prête toujours l’oreille

À son divin concert

MON CHAT

 

 

Si vous saviez comme je l’aime

Il est gentil avec moi

Son poil est couleur de feu

Et très chaleureux

Il ne peut vivre sans nous

Il aime les lits, les divans

Pour passer son temps

À nos caresses il s’abandonne

Ses yeux sont un vrai bonheur

Tout ce qui inspire mon cœur

Son tendre regard me fend l’âme

Quand on part il nous réclame

Il faut pourtant faire emplette

De ses délicieuses croquettes

BON PIED, BON ŒIL

 

 

Mes vers ont des pieds

C’est bien

Mais il faut aussi

Bon œil

On dit bon pied, bon œil

Ne peuvent s’ignorer

Ils sont en alexandrins

Pour les plus malins

Il enjambe le faux, le vrai

Moi personnellement

Je suis moins bienveillant

Et je me contente de vers libres

Pour faire un équilibre

PAYSAGE AUTOMNAL

 

 

 

Voici les feuilles privées de sève

Qui tombent sur le gazon

Le vent s’élève

Il gémit dans le vallon

Une hirondelle passe à tire d’aile

On glane le vieux bois tombé

Dans la forêt

C’est l’arrière-saison

Où tout tombe à terre

Sous les assauts du vent

De l’automne arrivant

L’herbe frissonne

Dans le pin siffle le vent

Amoureusement

Un oiseau cherche refuge

Tout pâlit, tout souffre, gémit

C’est une grande solitude

Qui s’installe avec plénitude

ÉCOUTE

 

 

Écoute le vent qui gémit

Les roseaux qui soupirent

Les parfums sont si légers

Dont l’air est embaumé

Tout ce que l’on voit

Tout ce que l’on entend

Tout ce que l’on respire

Tout nous parle de beauté

Les crépuscules sont flamboyants

Les aurores ouvrent la porte au jour

Qu’elles s’éternissent ces beautés

Que la nature nous a données

LA GITANE

 

 

Elle a un don de voyance

Sur l’avenir

Une haute clairvoyance

Qu’elle met volontiers

À votre service

Elle a une vie misérable

Sans vraiment de logis

Sa vie est faite de gris

Elle glisse en vieilles savates

Sur le trottoir elle marche

Au milieu des passants

Elle est sollicitée

Ses gestes sont pressants

En un tour de main

Elle fait les lignes de la main

Dans sa robe large

Ses oreilles ordonnées d’anneaux d’or

 

LES CLOCHES

 

 

Chaque fois elles sonnent

Pour la disparition d’un être cher

D’un enfant qui arrive sur terre

Pour le plaisir et les larmes

Elles font balancer leur battant

Elles sonnent l’angelus de midi

Et celui du soir

L’office du dimanche

Leur chant en s’élançant

Vient rompre le silence

Un passé renaît

Dans leur belle envolée

Amitiés, amour, doux souvenirs

SUR LA ROUTE

 


La fraicheur est vive

Sur la route pourrie d’automne

Les feuilles de platane dégringolent

C’est un écroulement de la lumière

Les lampadaires balancés par le vent

Il tombe une pluie fine

Que le vent fouette sur les visages

La nuit a l’odeur de feuilles mouillées

Il y a des restes d’odeurs parfumées

Des dernières fleurs d’été

HEURE INCERTAINE

 

 

 

C’est l’heure

Entre chien et loup

Ce n’est ni la nuit

Ni l’aube

Mais une heure incertaine

L’heure des rôdeurs

Et des chiens égarés

Qui errent dans un brouillard gris

L’heure du poète

Qui se sent tristement

Porté sur l’aile inquiète

L’heure où les lampes n’ont plus de halo

Pour éclairer ce pauvre cahier

D’où l’on ne voit que des fantômes

Que l’on croyait oubliés

COURRIER

  

 

Quand tu liras ce mot

Je serai loin déjà

Une lettre écrite

Pendant ton sommeil

Écrite dans l’ombre de la nuit

Pendant que tu tricotes tes rêves

Quand le lever du jour

Quand tu la liras

Qui sait où je serais

Emportée au loin une illusions

Un adieu

Il y a si longtemps que j’oublie

Demain tes rêves auront fui

Et ma lettre avec

À mettre au rayon des oublis

EN ASPIRANT

 

 

 

En aspirant simplement

J’ai eu peur d’aspirer mon bonheur

Oh c’était un petit bonheur

Qui disparait en moins de deux

Qui n’importe où se blottit

Alors allez donc l’éviter

Sans difficulté il va y passer

Mon petit bonheur à moi

 

Il y avait aussi mon malheur

Un vrai malheur

Regrets, larmes, fleurs

Sentiments gâchés

Il veut s’échapper

S’étale sur le tapis

Dans les coins tout petits

L’aspirateur va aspirer tout ça

Prenant aussi mon malheur

 

T’ÉCRIRE

  

T’écrire pour moi

C’est laver mon désespoir

C’est passer mon temps

D’enfant pauvre

Le passer comme un printemps

Peuplé de rires et de larmes

 

T’écrire c’est m’endormir

Sous les ailes d’une tourterelle

T’écrire c’est comme une fenêtre

Pour écouter ces oiseaux musiciens

Qui peuplent l’horizon lointain

L’argent n’apporte rien à l’homme

Ici l’argent a le cœur content

Seule lui reste la tendresse

 

INFINITUDE

    La tendresse Infinitude Sans rives Les champs soupirent Au rythme de mes pas   Connais-tu la mesure De la tendresse ...